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 we're just a box of souvenirs -- marla

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Silas Hamilton

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SINCE : 01/09/2015
LETTERS : 61
AVATAR, © : charlie hunnam. -- babine (avatar). anaëlle (signature).
JOB, STUDDIES : boxeur professionnel, ancien champion du monde, déchu de ses titres depuis la mort de sa fille.
LOVE STATUS : le néant.

✰ where i belong.
RELATIONSHIPS:
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MessageSujet: we're just a box of souvenirs -- marla   Jeu 3 Sep - 20:42

la vie n'avait pas été simple pour silas ces derniers jours - il s'était mis dans un sale état en moins de soixante-douze heures. d'abord, il avait été appelé pour un combat qui avait mal tourné, car même s'il l'avait gagné avec plus ou moins de mal (le whisky qu'il avait ingurgité et son oeil enflé faisaient qu'il voyait trois yeux à son adversaire), il n'avait pas vérifié le lieu de ladite rencontre et s'était retrouvé dans une cave dangereuse sans aucun ring aménagé. pas son genre. mais depuis qu'il n'avait plus de manager, il ne prenait pas le temps de vérifier les entrepôts ou les sous-sol d'immeubles ni même d'engager une nouvelle personne. pourquoi ? il ne saurait le dire. il ne le faisait pas, c'est tout, et cette réponse était suffisante à ses yeux, même si zara continuait de le trouver irresponsable. il l'était, irresponsable, depuis qu'il n'avait plus rien à perdre. mais tout de même, il n'aimait pas ces plans là.

une fois qu'il s'était fait deux-cents dollars pour un combat de quatre minutes, il avait décidé d'oublier ce plan foireux dans des verres de whisky. il n'avait pas besoin de cet argent qu'il gagnait en faisant n'importe quoi, il en avait assez. pourtant, il devait laisser sortir sa colère au moins une fois par jour, et il préférait le faire sur une autre personne que sur un sac de frappe ou un punching ball. il savait que là n'était pas le but premier de la boxe. en tout cas pas de la sienne. il savait qu'avec la rage au ventre, le cerveau fonctionne moins vite, les gestes sont moins précis. irréfléchis. mais peu importait à présent, il avait régulé ses rythmes de combat à un toutes les quarante-huit heures. entre temps, il comptait aider ses neurones à se désintégrer ou rester sobre quelques heures pour être assez lucide afin de ramener une jeune brunette dans son lit. c'était facile, il prenait toujours cette option de facilité et disait son nom dans un murmure. hamilton. beaucoup s'en souviennent aujourd'hui car le match avait duré douze rounds avant qu'il ne soit déclaré champion du monde. beaucoup à cette époque n'auraient jamais imaginé cette suite dans les événements. beaucoup sont outrés en voyant la loque qui se tient devant eux. à peine conscient. totalement indécent. il avait coulé sans que personne ne puisse remonter son ancre, lui donner un peu d'air, calmer ses folies. il n'avait trouvé personne pour affronter cette haine qui se nourrissait de ses douleurs et ne faisait que croître. il n'avait trouvé personne un matin dans la maison qu'il partageait avec marla : le navire avait coulé depuis longtemps, pire que le titanic, l'iceberg était trop gros, il n'y avait aucune chance de survie à bord - elle semblait avoir réussi à prendre un canot de sauvetage, loin du fond où silas avait plongé.

le combat pour son plus grand titre avait affecté silas : son arcade s'était déchirée sous les coups que lui assénaient son adversaire et certains os de sa main s'étaient brisés sous la force des attaques. les ecchymoses étaient innombrables. marla avait eu peur de perdre ce jour là les deux personnes qui comptaient le plus à ses yeux, son mari et sa fille. malheureusement, son cauchemar était devenu réalité et aucun ne se réveilla vraiment le lendemain. un peu comme s'ils étaient dans une longue période de transition, dans un désert brûlant, dans une tempête de sable, la peau à vif, des lames plein le coeur.

après son dernier match, sa beuverie solitaire, ses entraînements quotidiens et ses disputes incessantes avec zara (à qui il a dû acheter des fleurs pour s'excuser d'avoir brisé tous les miroirs de la maison lorsqu'elle l'avait inconsciemment provoqué en affirmant qu'un miroir cassé occasionnait sept ans de malheur), il avait passé la journée la clope au bec à remuer le passé en tentant de se concentrer sur autre chose. souvent, la nuit tombée, il ne pouvait dormir, assommé par le néant autour de lui mais trop conscient de l'immensité du vide. il se retournait des centaines de fois, cherchant une présence, finissant par se lever dans des accès de rage pour démonter la maison ou une des voitures qui (elle) dormait tranquillement dans le garage. ensuite, il s'asseyait dans une pièce qu'il avait gardée vide et imaginait ce qu'aurait pu être sa vie. puis au lever du jour, il tombait d'épuisement et s'oubliait dans les effluves de l'alcool. aujourd'hui, il y pensa la journée et cela le rendait encore plus fou. il était donc allé courir pour épuiser son corps et forcer son cerveau à penser ailleurs. penser autrement. ou ne plus penser. il aurait aimé pouvoir devenir un automate sans émotions - beaucoup pensent qu'il ne ressent plus rien. mais comment un homme qui n'éprouve plus aucun sentiment peut-il être si sujet à la haine et à la dépravation ? la coquille s'est brisée et beaucoup ne veulent pas le voir, mais l'homme est bien plus à vif qu'il n'y parait.

silas n'avait jamais arrêté de se poser des questions, même trois ans après que sa fille l'ait quitté, alors qu'il n'avait aucun moyen d'y répondre. il avait depuis renoncé à combler les vides. au fond, ce qu'il sait de nora est logé ailleurs, dans son ventre et dans son sang, sous chaque centimètre carré de sa peau. une fois morte, elle n'a cessé de l'accompagner, de vivre auprès de lui, de saturer chaque moment de sa présence, chaque parcelle d'air de son souvenir et du mystère de sa mémoire trouée jusqu'à l'étouffer et le rendre fou. incontrôlable. dangereux.

le combat de ce soir était plus prestigieux que ceux auxquels il avait récemment participé - une soirée de charité présentait un invité prestigieux mais resté mystérieux. personne ne savait qu'il s'agissait du « twelve rounds boy » mais beaucoup avaient acheté des tables à prix d'or, très à l'avance. il était resté sobre - ou presque - en avalant simplement deux rasades de liquide ambré. il restait digne en public : dans les caves, son nom se murmurait, mais lorsque ses bleus étaient trop importants, personne ne se doutait que c'était réellement lui. ce soir, il était propre, presque confiant. seul le filtre infaillible sur ses deux yeux bleus trahissait ce qu'il était devenu. silas était assis à une table pleine d'autres boxeurs trop seuls aussi, trop souvent incompris, qui convoitaient jalousement les quelques femmes célibataires assises à leur table. le brun était entouré de son futur adversaire et de deux belles créatures sur sa droite à qui il ne parla pas, même s'il ne s'était pas refusé à poser ses yeux sur le décolleté rouge indécent de sa voisine la plus proche.

il fut appelé sur le ring et le combat commençait. ils avaient pour mission de le faire durer le spectacle et de simuler correctement les actions. pas son genre, il était trop nerveux et ses coups de poing étaient un peu trop forts au goût de son concurrent qui lui rendait la pareille. l'hématome sur son arcade enflée rougit lorsqu'il se retourna pour observer le fantôme derrière lui pendant qu'un « oooohhh » timide s'évanouissait déjà dans le public. il n'y avait personne derrière les cordes, juste le voile que laisse une absence, une ombre qui se retire. comme le creux que fait son ex-femme dans son ventre, comme celui que fait son enfance. une empreinte, un fossé, à peine plus, à peine de quoi croire qu'il y eut quelque chose plutôt que rien. il avait reculé d'un pas alors que ses yeux se posèrent sur des courbes qu'il connaissait par coeur et qu'il n'avait pas admirées depuis des années maintenant : marla. son sang ne fit qu'un tour, il avait soudainement l'impression d'avoir bu plus que de raison, il n'était plus sûr. c'était une rencontre typique du jour d'après, une parmi des milliers entre des ex-mariés devenus des inconnus sidérés et sinistrés, le genre d’événement dont il aurait pu se souvenir des mois ou des années plus tard, lorsque quelqu'un lui aurait demandé où il s'était trouvé ce jour-là.


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